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Dix questions et réponses sur l’apaisement de la circulation
Lundi 21 juin 2010
Foire aux questions :
- L’apaisement de la circulation, c’est quoi ?
- Pourquoi pensez-vous qu’il faut apaiser la circulation ?
- Ne s’agit-il pas d’un autre cas de « pas dans ma cour » ?
- N’êtes-vous pas des rêveurs? Les voitures ne s’envoleront pas du jour au lendemain !
- La circulation risque-t-elle d’augmenter dans les arrondissements voisins ?
- La circulation risque-t-elle d’augmenter sur les artères ?
- J’habite le Plateau mais rien n'est prévu pour apaiser la circulation sur ma rue. Qu’en est-il ?
- Avez-vous consulté la population avant d’agir ?
- En quoi l’apaisement de la circulation s’inscrit-il dans le programme de Projet Montréal ?
- De quoi aura l’air le Plateau Mont-Royal dans quatre ans ?
1. L’apaisement de la circulation, c’est quoi?
Une administration qui entreprend d’apaiser la circulation aménage les rues de manière à diminuer le nombre de véhicules qui circulent sur son territoire et à ralentir le débit de ceux qui continuent à y circuler.
Les mesures d’apaisement de la circulation sont surtout physiques. Elles peuvent prendre des formes simples comme les arrêts, les bollards et les dos d’âne. On peut aussi réorienter des voies à sens unique ou éliminer des bretelles, par exemple, afin de diriger les automobiles vers des artères plutôt que vers de petites rues.
2. Pourquoi pensez-vous qu’il faut apaiser la circulation?
Les arguments en faveur d’un apaisement de la circulation à Montréal pourraient remplir plusieurs pages. Mentionnons-en rapidement quelques-uns.
- Une question de respect – Environ 80 % de la circulation automobile dans les quartiers centraux est composée de véhicules qui traversent ces quartiers sans en provenir ni s’y arrêter. C’est ce qu’on appelle la « circulation de transit ». Et le parc automobile continue à augmenter en flèche : depuis dix ans, le nombre de véhicules a crû de 80 000 unités sur l’Île de Montréal et explosé dans le reste de la région métropolitaine avec une hausse de 325 000 unités. Ce sont ces voitures qui traversent les quartiers centraux, souvent à vive allure, avec les conséquences que l’on sait sur le sentiment de bien-être des résidents, sur la qualité de l’air, sur le bruit, sur la santé et sur la convivialité du milieu. Réduire la circulation de transit, c’est tout simplement respecter les résidents de ces quartiers.
- Une question de sécurité – Chaque semaine à Montréal, près d’une trentaine de piétons subissent des blessures provoquées par des accidents de la route. Les personnes âgées sont les principales victimes de ces accidents.
- Une question de santé – Un aménagement urbain qui décourage la pollution et favorise les modes de transport actifs a une incidence directe sur la santé des résidents. Un tel aménagement peut par exemple conduire à une diminution des problèmes cardio-respiratoires liés à la mauvaise qualité de l’air ainsi qu’à une baisse des troubles cardiaques et des problèmes liés à l’obésité.
3. Ne s’agit-il pas d’un autre cas de « pas dans ma cour »?
Tous les Montréalais incommodés par une circulation automobile trop intense devraient pouvoir bénéficier de mesures d’apaisement de la circulation et faire des pressions pour que l’administration de leur arrondissement prenne des mesures énergiques en ce sens. Ils devraient également exiger du Ministère des transports du Québec et de la Ville de Montréal des investissements massifs dans les transports collectifs électriques.
Saviez-vous que 40 % des automobilistes de la région métropolitaine seraient prêts à ne pas utiliser leur voiture pour se rendre au travail, s’ils avaient accès à un système de transport collectif plus efficace? L’objectif doit être de maximiser les déplacements et la fluidité tout en réduisant la place de l'auto, comme l’ont fait Paris et Bordeaux. Ainsi, tous les résidents de l’Île de Montréal et même des couronnes Nord et Sud y gagneront.
4. N’êtes-vous pas des rêveurs? Les voitures ne s’envoleront pas du jour au lendemain!
Plusieurs villes du monde ont métamorphosé le cadre de vie qu'elles offrent aux résidents et relancé leur économie dévitalisée en recalibrant la place qu’elles offraient aux voitures, aux personnes et aux transports collectifs. Paris et Bordeaux n’en sont que deux exemples.
A San Francisco, l’Embarcadero Freeway séparant le centre-ville de la splendide baie a été démolie et remplacée par un magnifique boulevard riverain avec tramway. À Portland, dans les années 1970, les fonds prévus pour construire une autoroute ont été utilisés pour construire plutôt un réseau Light Rail Transit. Ensuite, l’autoroute séparant le centre-ville de la rivière Willamette a été remplacée par un boulevard riverain. Portland est aujourd’hui la seule métropole nord-américaine qui ait atteint son objectif Kyoto, tout en ayant accueilli 300 000 habitants de plus ces vingt dernières années.
Malheureusement, les mesures que nous pouvons prendre à l’échelle d’un arrondissement ont une portée plus limitée : si le parc automobile poursuit sa croissance, celles que nous déploierons dans le Plateau suffiront à peine à ralentir la croissance de la circulation. La transformation de la ville exige un ensemble cohérent de mesures que nous réclamons de toutes les manières possibles à l’administration Tremblay et au Ministère des transports du Québec.
5. La circulation risque-t-elle d’augmenter dans les arrondissements voisins?
Tout dépendra des administrations de ces arrondissements. Indépendamment des partis politiques, nous espérons vivement que les arrondissements voisins ou même plus éloignés emboîteront le pas au Plateau afin que leurs résidents voient aussi leur qualité de vie s'améliorer. On peut par exemple penser à Côte-des-Neiges, où la circulation provenant de l’extérieur est particulièrement envahissante à cause des nombreux établissements de santé et d'enseignement. Une amélioration substantielle du transport collectif alliée à des mesures sérieuses d’apaisement de la circulation changerait la face de ce district pour ses résidents.
6. La circulation risque-t-elle d’augmenter sur les artères?
Malheureusement, la gestion des artères relève de la ville centre et échappe au contrôle de l’arrondissement. Dans un premier temps, à défaut de solutions de rechange, les automobilistes détournés des rues résidentielles pourront donc être tentés d’emprunter les artères. Nous croyons toutefois que ce problème sera de courte durée et qu'après une brève période, la ville s'adaptera. Entre autres, bon nombre des automobilistes touchés opteront pour le transport en commun, comme cela s'est passé dans toutes les villes du monde où on a entrepris ce genre de transformation.
Les citoyens sont prêts à faire ce virage : 40 % des automobilistes de la région métropolitaine seraient disposés à ne pas utiliser leur voiture pour se rendre au travail s’ils avaient accès à un système de transport collectif plus efficace. Le moment est donc venu, pour le Ministère des transports du Québec et la Ville de Montréal, de moderniser leur manière d’investir dans le transport.
7. J’habite le Plateau mais rien n'est prévu pour apaiser la circulation sur ma rue. Qu’en est-il?
Les trois interventions annoncées le 21 juin ne constituent que la première phase du plan d'apaisement de la circulation de l'administration Ferrandez. D’autres phases seront déployées graduellement au cours des années à venir.
8. Avez-vous consulté la population avant d’agir?
Les interventions annoncées le 21 juin 2010 et celles qui suivront découlent directement du Plan de déplacement urbain du Plateau Mont-Royal et du Plan de transport de la Ville de Montréal, deux documents adoptés au terme de nombreuses années de consultation. Lors de ces consultations, la volonté des Montréalais s’est clairement exprimée : l’heure est venue de donner une place prépondérante aux modes de transport actifs et collectifs.
Le caractère novateur des interventions prévues tient au fait que malgré les consultations, les documents et les promesses, jusqu’ici, très peu de gestes concrets ont été posés. L’administration Projet Montréal du Plateau, elle, passe à l’action.
9. En quoi l’apaisement de la circulation s’inscrit-il dans le programme de Projet Montréal?
Projet Montréal souhaite relancer la croissance démographique de Montréal, dont la population n’a pas augmenté depuis 1971 alors que ses banlieues ont dans le même intervalle accueilli 1,2 million de nouveaux habitants provenant en grande partie… de Montréal. Cet exode des familles de classe moyenne vers les banlieues a conduit à une véritable explosion du parc automobile et à un appauvrissement graduel de la métropole du Québec – des facteurs extrêmement néfastes pour la santé sociale, environnementale et économique de la province tout entière.
Pour renverser cette tendance, Richard Bergeron propose notamment de développer de véritables quartiers urbains paisibles, à échelle humaine, sécuritaires et attrayants. Parmi les caractéristiques recherchées pour ces environnements résidentiels, il faut mentionner :
- une quantité suffisante d’espaces verts, de parcs et de terrains de jeux;
- des bâtiments résidentiels d’échelle humaine;
- des pôles de commerces et de services diversifiés accessibles à pied et par transports collectifs;
- des voies publiques sécuritaires où l’usage de la voiture est découragé par des politiques d’apaisement de la circulation et la réduction de l’offre de stationnement.
10. De quoi aura l’air le Plateau Mont-Royal dans quatre ans?
Le Plateau sera un milieu de vie plus vert, plus paisible, plus sécuritaire et plus accueillant. Nous croyons qu’un nombre croissant de familles et de citoyens de tous âges choisiront d’y rester ou même d’y revenir, plutôt que de fuir vers les banlieues. Nous croyons aussi qu’il sera un modèle dont les citoyens des autres arrondissements se seront réclamés pour exiger de leurs élus la transformation de leurs propres quartiers.
Pour en savoir plus et consulter le dossier complet sur les annonces faites le 21 juin 2010 pour l'apaisement de la circulation sur le Plateau, cliquez ici.
Dans la même optique, pour des quartiers plus paisibles et conviviaux...
L'administration Projet Montréal du Plateau Mont-Royal a annoncé le 3 mai dernier le désasphaltage du parc Sir-Wilfrid-Laurier, la piétonnisation d'une portion de la rue Saint-Dominique et la revitalisation de 12 parcs. « Les citoyens se plaignent constamment du manque d'espaces verts, a remarqué le maire Luc Ferrandez à cette occasion. Nous les avons écoutés. » Désasphaltage, piétonnisation et revitalisation de parcs dans le Plateau Mont-Royal communiqué, 3 mai 2010
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