Communiqué de presse

Les Montréalais sanctionnent l’inaction de l’administration Tremblay-Zampino: ils déménagent en banlieue

Jeudi 24 janvier 2008

Pour une administration Projet Montréal, garder les Montréalais-es à Montréal sera la priorité des priorités, l’indicateur de performance absolu. C’est aussi là que se trouve la première clef du succès économique futur de Montréal. Car ce que n’ont pas compris Gérald Tremblay et Frank Zampino, c’est qu’en perdant 60 000 ménages aux banlieues depuis six ans, Montréal leur a aussi transféré 12 milliards de dollars d’investissements immobiliers. Imaginez ce que serait Montréal, en ce début d’année 2008, si l’on y trouvait l’équivalent de 15 projets Griffintown déjà réalisés !

Les données récemment publiées par l’Institut de la statistique du Québec portant sur les migrations inter-régionales sont encore une fois cruelles pour Montréal. En effet, en 2006-2007, Montréal a essuyé une perte nette de 24 187 habitants au profit des quatre régions administratives qui l’entourent (Laval, Montérégie, Laurentides, Lanaudière). Depuis que Gérald Tremblay est devenu maire, à la fin de 2001, la perte nette de population totalise 136 630 habitants (331 694 Montréalais ont quitté l’île pour les banlieues, alors que 195 064 banlieusards ont fait le mouvement inverse). Ces six dernières années, les Montréalais ont ainsi compté pour 60 % de l’extraordinaire croissance démographique et économique que l’on constate partout quand on parcourt les banlieues périphériques.

Pourquoi tant de Montréalais-es déménagent-ils en banlieue ? « C’est forcément qu’ils ne trouvent pas à Montréal ce qu’ils souhaiteraient y trouver, répond Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal. Depuis six ans, l’administration Tremblay-Zampino n’a fait que parler, parler et encore parler, sans rien livrer. Puis, quand elle se décide enfin à bouger, c’est pour faire le contraire de ce qu’elle dit. À preuve, la transformation de la rue Notre-Dame en autoroute urbaine est clairement le projet le plus prioritaire pour cette administration, qui ne cesse pourtant de parler de développement durable, de qualité de vie dans les quartiers et de transport collectif. Les gens ne sont pas bêtes. Quand ils constatent un tel écart entre le discours et la réalité, quand ils comprennent que tout ce qui fait saliver Gérald Tremblay et Frank Zampino, c’est la cote de crédit accordée par l’agence Moody’s de New York, plutôt que les besoins et les attentes des Montréalais, quand enfin ils constatent les sommets de mal gouvernance atteints par cette administration, ils choisissent une solution à la fois logique et simple : quitter Montréal pour la banlieue ».

Il est bon de rappeler que durant les dix années antérieures, correspondant au second mandat de Jean Doré et aux deux mandats de Pierre Bourque, la perte de population au profit des banlieues avait été limitée à 77 600 habitants. Sous Gérald Tremblay, le rythme des départs est donc trois fois supérieur à ce qu’il était auparavant (en moyenne annuelle, 22 770 habitants, contre 7 760).

Plus triste encore, ce sont les jeunes familles qui quittent massivement l’île. Depuis six ans, Montréal a perdu 38 700 enfants (0 à 14 ans), lesquels étaient forcément accompagnés de leurs 101 400 parents (25 à 59 ans). L’île a même essuyé une perte de 14 000 habitants chez les retraités (60 ans et plus), ce qui dément la légende de leur retour en ville. Finalement, il n’y a que chez les étudiants (15-24 ans) que Montréal enregistre encore un gain net, de l’ordre de 25 000 personnes ces six dernières années. Mais avec la construction, à Longueuil, du nouveau campus de l’Université de Sherbrooke, jumelé aux tentations de l’UQÀM et de l’Université de Montréal de s’installer à Laval, cet ultime avantage de Montréal sur les banlieues paraît lui aussi tirer à sa fin.

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