Rétrospective 2016 : une année difficile pour Denis Coderre

L’année 2016 qui s’achève aura été faite de nombreux rebondissements à la Ville de Montréal, notamment en raison de la propension du maire Coderre à improviser dans plusieurs dossiers chauds.

« L’année 2016 aura clairement mis en lumière le côté impulsif de Denis Coderre. Le maire a, à de nombreuses reprises, pris des décisions basées uniquement sur l’improvisation qui ont, dans bien des cas, entaché la réputation de la Ville de Montréal », résume Valérie Plante, cheffe de l’Opposition officielle.

Projet Montréal propose un survol des dossiers menés par l’administration Coderre qui ont retenu l’attention en 2016.

Un encadrement des calèches et des animaux qui ne passe pas le test

Le dossier de la gestion animalière aura été l’une des principales faiblesses de l’administration Coderre en 2016. Les difficultés du maire ont d’abord été mises en lumière lorsque le moratoire sur les calèches qu’il a décrété au mois de mai, un mois après le début de la saison, a rapidement été invalidé par la Cour. « La décision de la Cour supérieure d’exiger la suspension du moratoire sur les calèches à peine cinq jours après que le maire l’ait annoncé a souligné à gros traits l’improvisation dont il a fait preuve dans ce dossier. Si Denis Coderre avait demandé un avis juridique sur le sujet, il aurait certainement été avisé qu’il ne pouvait pas procéder de façon aussi cavalière sans que sa décision ne soit invalidée par la Cour », a expliqué Valérie Plante.

Le même degré d’amateurisme a été constaté dans le dossier des chiens « de type pitbull », alors que le maire Coderre a décidé, sans consulter les experts, de bannir tous les nouveaux chiens qui ressemblent de près ou de loin à un pitbull. « Plusieurs exemples à travers le monde prouvent que les législations basées sur la race sont coûteuses et inefficaces. De nombreuses Villes qui ont adopté ce type de réglementation, dont Londres tout récemment, font d’ailleurs marche arrière. Mais à Montréal, le maire Coderre s’entête à faire adopter une réglementation basée sur la race. Il aurait été beaucoup plus sage de se baser sur un modèle qui a fait ses preuves, comme celui de Calgary, plutôt que de pondre en quelques semaines à peine un règlement qui ne tient pas la route », a affirmé Valérie Plante.

Le transport en commun n’est toujours pas une priorité pour le maire

Encore cette année, le maire Coderre a fait la démonstration de l’extrême légèreté avec laquelle il réagit aux problèmes qui touchent le transport en commun à Montréal, notamment les pannes qui se multiplient. « Chaque fois que le maire est interrogé sur les pannes dans le métro et sur le mécontentement des usagers, il répond que les Montréalais sont très satisfaits et que tout va bien. Mais c’est faux. Les interruptions de service qui se répètent font diminuer, à chaque fois, le niveau de confiance des usagers envers leur réseau de transport en commun. Et si le service n’est pas fiable et efficace, les Montréalais seront de plus en plus nombreux à délaisser le transport en commun au profit de la voiture. La preuve en est que pour la première fois en dix ans, la STM a connu une baisse de son achalandage en 2015 », a rappelé Valérie Plante.

Un manque flagrant d’intérêt envers le patrimoine

L’année 2016 aura servi un sérieux avertissement à l’administration Coderre : si elle n’agit pas concrètement pour protéger les édifices patrimoniaux de Montréal, ils continueront de disparaître à un rythme fou. Au cours des 12 derniers mois uniquement, six bâtiments patrimoniaux abandonnés sont disparus. « La Ville doit cesser son approche laxiste envers les propriétaires de bâtiments patrimoniaux. Des mesures doivent être rapidement mises en œuvre afin de leur faire connaître la valeur collective du bien dont ils ont la charge. La Ville doit aussi les accompagner dans leur devoir d’entretien, de mise aux normes, et leur offrir un soutien financier pour y arriver. L’inaction de l’administration Coderre dans ce dossier a assez duré. Il est temps d’agir pour protéger ce que Montréal a de plus beau », a soutenu Valérie Plante.

Une gestion des chantiers encore déficiente

L’année 2016 aura été particulièrement difficile pour les Montréalais qui ont eu à circuler dans la ville. Les chantiers s’y sont multipliés sans que leur gestion ne soit revue. Résultat : des rues bloquées pendant des mois, des détours mal identifiés, des chantiers inactifs, et combien de trottoirs et de pistes cyclables obstrués sans qu’un passage alternatif ne soit prévu? « Le maire Coderre a voulu faire vite pour que le centre-ville ne soit pas enseveli sous les chantiers en 2017, mais il semble avoir oublié de prendre en considération la capacité de réalisation de la Ville et de ses contractants. À de trop nombreuses reprises cette année, des chantiers ont été mal protégés, des détours ont été mal balisés, des délais ont été outrepassés et des citoyens ont été laissés dans le noir. L’approche de la Ville doit être complètement revue »,  a rappelé Valérie Plante.

Une Vision Zéro qui se résume à un slogan

Alors que la fréquence des collisions impliquant des piétons et des cyclistes s’est maintenue à un niveau très préoccupant au cours de 2016, le maire Coderre a dit vouloir doter Montréal d’une Vision Zéro. L’objectif de cette initiative est d’éliminer tous les décès et blessés graves sur les routes. « Le maire Coderre semble malheureusement avoir confondu sécurisation et slogan. Une Vision Zéro dépourvue d’objectif précis et de plan d’action concret ne mène à rien. Pour aller au-delà des belles paroles, il faut sécuriser les intersections, aménager des pistes cyclistes en site propre, élargir les trottoirs, réduire la vitesse permise sur les rues de la ville, et plus encore. Le maire n’a pas eu ce courage et à ce jour, la Vision Zéro de Montréal est une farce. Les Montréalais méritent mieux », a poursuivi Valérie Plante.

De l’ingérence dans le travail du SPVM

Lorsqu’il a appris que le chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé cherchait à obtenir de l’information sur une contravention qu’il a reçue en 2014, le maire Coderre a communiqué avec le chef du SPVM afin qu’il enquête sur la source de la fuite. Cette ingérence dans les affaires du SPVM a mené à de sérieux questionnements sur la notion de séparation des pouvoirs à l’hôtel de ville de Montréal. « Les journalistes doivent pouvoir faire leur travail en toute liberté et les sources journalistiques – qu’elles soient du milieu politique ou autre – doivent pouvoir parler en toute confiance. Depuis l’arrivée de Denis Coderre, nous remarquons une tendance à politiser l’accès à l’information – tant au niveau de la Ville que du SPVM. Cette situation est très préoccupante, particulièrement lorsque l’on connaît le caractère bouillant du maire, qui accepte difficilement de se faire questionner », a noté Valérie Plante.

Des contrats offerts aux proches du maire

En février 2016, après avoir découvert que cinq contrats avaient été offerts à des proches et des solliciteurs de Denis Coderre sans appel d’offres, Projet Montréal a demandé au Bureau de l’inspecteur général d’enquêter sur cette pratique en apparence inquiétante de l’administration en matière d’octroi de contrats. « L’année 2016 a mis en lumière un pattern du maire Coderre qui, à cinq reprises, a préféré octroyé des contrats à des solliciteurs, des donateurs ou des proches pour des tâches qui auraient pu être accomplies à l’interne. Chaque fois, l’explication du maire se résumait au fait que les gens choisis étaient plus compétents que nos propres employés, ce qui est totalement erroné. Cette façon de faire soulève des apparences de conflits d’intérêt qui sont d’autant plus inacceptables que Montréal sort tout juste d’une période trouble en matière de corruption et de collusion », a conclu Valérie Plante.

Renseignements : Marie-Eve Gagnon, directrice de cabinet, Opposition officielle à la Ville de Montréal, 514 872-0247 / 514 516-3120, marie-eve.gagnon@ville.montreal.qc.ca

 

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